Empruntons l’art

Depuis quelques temps, la rubrique « Portraits » ouverte sur le blog est là pour présenter les différents acteurs du monde de l’art et du monde culturel de Caen (et pas que). Pourtant, il y en a une dont je vous parle fréquemment pour ses diverses expositions, mais que je ne vous ai jamais réellement présentée. Il était temps d’y remédier 🙂

L’occasion est d’ailleurs tombée à pic pour me rappeler ce manque. L’Arthotèque de Caen (c’est donc d’elle dont il s’agit) a organisé il y a quelques jours l’événement Blog’Art pour, justement, nous présenter le fonctionnement de la structure en tant que telle, ainsi que les expositions du moment. Ces dernières feront l’objet d’un autre article 😉
Jusqu’à maintenant, et même si son nom donne un indice sur le système d’emprunt proposé par la structure, l’Artothèque était pour moi avant tout une galerie d’art, un lieu d’exposition. C’est pour cette fonction que je m’y rendais, et je ne m’étais pas encore véritablement penchée sur les emprunts. Mais l’Artothèque propose bien plus que ça.

C’est quoi, c’est où ?

Actuellement et depuis 3 ans, l’Artothèque a posé ses valises au Palais Ducal, à deux pas de l’Hôtel de Ville. Le lieu en lui-même est juste magnifique. C’était, je pense, ma première réaction lorsque j’y suis allée pour la première fois. Vaste, lumineux, je trouve que les œuvres contemporaines sont bien mises en valeur dans cette architecture ancienne. Elles sont même mieux mises en valeur qu’elles ne l’auraient été dans une architecture contemporaine. Je ne saurais pas vraiment expliquer pourquoi, mais c’est le sentiment que j’ai ; on est face à un beau mélange des époques et des univers pour créer un ensemble. Bref, on y est bien.

L’Artothèque propose deux services principaux : le prêt d’œuvres d’art et l’exposition des collections. Sur le principe, je ne vais pas vous mentir, je me suis demandée « mais, à quoi ça sert d’emprunter un tableau ou une photographie, la mettre chez soi, l’apprécier, et finalement la rendre ? ».  Et puis, je me suis rendue compte que c’est ni plus ni moins ce que l’on fait lorsqu’on emprunte un livre à la bibliothèque : on l’emprunte, on l’emporte chez soi, on l’apprécie et on le rend. Finalement, il n’y a rien de différent, si ce n’est le format (et encore). Une œuvre d’art a autant de chose, si ce n’est plus, à nous dire. Plus, car lorsqu’il s’agit d’art contemporain (qui est donc la spécificité de l’Artothèque), libre à nous d’en faire le sens, de l’interpréter selon notre ressenti. On n’est pas (ou pas toujours) guidé par un message écrit noir sur blanc, par une trame à suivre consciencieusement, avec des personnages à l’identité définie. On adapte l’œuvre à nous, à notre personnalité, ce qui laisse d’autant plus de place à l’imagination. Avec un tableau, on crée un nombre incalculable de nouvelles histoires. D’ailleurs, avec un peu de chance, au fil des jours, à le voir accroché dans votre salon, vous allez progressivement modifier cette histoire. On a d’ailleurs le temps d’apprivoiser l’œuvre, car l’emprunt dure 2 mois (vous aurez des infos plus précises ici). On n’est plus simplement spectateur de l’œuvre, mais on entre dans une relation particulière avec celle-ci ; on en devient presque une partie de l’œuvre 🙂

Promouvoir l’art

Au-delà de partager une expérience particulière avec le public, l’Artothèque, comme beaucoup de structures d’art, veut mettre en avant le travail de l’artiste, que ce soit par des expos, donc, mais aussi par des résidences. S’il n’y a pas de « règles » ou de « choix » particulier dans l’accueil des artistes en résidences, la structure veut quand même privilégier au maximum les jeunes artistes et les artistes locaux, afin de leur donner une certaine visibilité. Actuellement, c’est Thomas Levy-Lasne qui a le champ libre pour développer ses œuvres (qui soit dit en passant capte les expressions et les moments du quotidien d’une façon totalement captivante).

Enfin, les expos. Depuis que j’ai franchi la porte de l’Artothèque pour la première fois, je n’ai pas souvenir d’avoir été déçue par une expo. J’en ai manqué certaines, mais celles que j’ai pu voir m’ont toujours intéressée, ou du moins intriguée. Je considère qu’il n’est pas nécessaire d’attendre le « coup de foudre » artistique pour savoir apprécier une démarche. Et c’est souvent à l’Artothèque que je sors de cette zone de confort du spectateur. Ça fait du bien, aussi, d’être interloqué par ce qu’on voit, et d’aller au-delà du simple « j’aime / j’aime pas ».

Bref, allez y faire un tour. L’entrée est libre pour les expos, qui sont souvent renouvelées, et le lieu est vraiment agréable 🙂 Il paraît d’ailleurs qu’un espace détente y est en projet…

A très vite !

DSC_0647

DSC_0653

DSC_0655

DSC_0666

DSC_0704

 

One Reply to “Empruntons l’art”

  1. […] ce changement, tout aussi présent dans le travail de l’artiste. Dans un lieu comme l’Artothèque, lui aussi riche d’histoire, l’exposition prend encore plus d’ampleur, et les […]

Laisser un commentaire