Le portrait repensé

Thurb, Tizieu, YmaS, Glad, Chapytre Sept, Fouapa, Kitch Kat, et bien d’autres. Tous ont repensé le portrait. Ces noms vous disent sûrement quelque chose, ou vous avez du moins pu apercevoir une de leur création au fil de vos visites si vous êtes amatrice ou amateur d’art contemporain ou de street art.

Eh bien ils sont enfin réuni autour d’une même idée : le “Portrait 2.0”. Une thématique qui doit vous sembler familière en cette fin de Festival Normandie Impressionniste et pour cause ; la Galerie des Sens accueille tous ces artistes à cette occasion, pour notre plus grand plaisir !

Entre-temps, entre-deux

Le portrait, je le soulignais dans un précédent article, est sans nul doute une des thématiques les plus exploitées dans l’Histoire de l’Art. Une sorte de marronnier artistique qui hante la plupart des mouvements et des créations ; on l’a voulu miroir de l’âme à l’instar des yeux ou simplement reflet flatteur ou masque déformant. Mais le portrait est aussi un bon moyen de faire transparaître des réflexions contemporaines sur les autres, sur l’Histoire, sur nous-même, sur notre mode de vie. C’est un peu tout ça à la fois que l’on peut lire à travers toutes les oeuvres de cette exposition ; elles gardent en elle un hommage à l’Histoire de l’Art et aux grands portraitistes du XIXe siècle, comme elles valorisent notre culture actuelle. On y retrouve ce qui forme les nouveaux emblèmes du temps, entre tatouages et Lego, art graphique et street art, le tout nous décrochant inévitablement un sourire face à ces audacieuses perspectives. La preuve encore que l’art contemporain n’est pas l’ennemi juré des mouvements plus anciens et plus figuratifs tels que l’impressionnisme, justement. Les deux savent créer un ensemble, un mélange qui semble presque évident. L’art contemporain ne veut pas détruire les acquis et prouesses techniques des mouvements antérieurs ; il sait au contraire s’en enrichir pour aller de l’avant et donner à voir une vision qui évolue aussi vite que le monde.

Still learning

D’ailleurs, si on est un peu curieux et que l’on se penche sur chacune de ces oeuvres, force est de constater qu’elles nous en apprennent plus sur l’Histoire de l’Art par leur modernité que ne saurait le faire une exposition exclusivement dédiée à un mouvement passé. L’ensemble d’oeuvres que nous propose la Galerie des Sens est pour ça extrêmement riche (je ne le cache plus, c’est sans doute mon exposition favorite en ce lieu qui m’a pourtant toujours surprise) ; le choix des oeuvres, la scénographie, sont autant d’éléments qui font que c’est une expo qui parle à tout le monde et qui sait inclure tous les publics dans l’Histoire de l’Art et les techniques contemporaines. Et on se plaît à comparer ces visions actuelles du portrait avec celles d’un Renoir ou d’un Van Gogh, eux-mêmes physiquement repensés – un Renoir aussi tatoué ne peut que faire l’unanimité, on a bien envie de voir ce qu’a bien pu faire ce hipster du XIXe.

Le décalage fait du bien. Il nous rassure en nous montrant que non, l’art n’est pas cette chose lointaine, trop éloignée de nos vies pressées ; il sait s’en accommoder. Et comme la réflexion sur notre perception de l’autre est une question récurrente, on peut aussi se la poser en sortant de cette expo. Une évolution des idées et des codes qui nous font remarquer les innombrables possibilités de la représentation des autres, et de soi.

Je suis un peu à la traine… Dépêchez-vous si vous voulez profiter de cette expérience, c’est jusqu’au 17 septembre !

À très vite !

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3 Replies to “Le portrait repensé”

  1. Géniale cette expo j’ai adoré !

    1. Oh oui ! Vivement qu’on puisse les revoir 🙂

  2. […] Il est là, le point de départ de Laure Julien. Après un voyage à Florence sur les traces des artistes italiens. La rose s’accroche à ses bagages, et devient vite le totem de la Galerie. […]

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