Du cubisme et du rêve au Musée des Beaux-Arts

Pour 2017, le Musée des Beaux-Arts de Caen nous apporte son lot de nouveautés ! Et cela a débuté le 26 janvier dernier par une expérience innovante pour aller à l’encontre des a priori sur les beaux-arts, souvent perçus comme inaccessibles et loin de notre réalité.

Mais que s’est-il passé ?

Pour l’ouverture de la nouvelle salle cubiste et l’accrochage de ses collections, le Musée des Beaux-Arts de Caen a choisi de mettre les visiteurs au coeur de l’action, en permettant à chacun de s’exprimer sur une oeuvre, donner son interprétation et approcher différemment les collections du musée. C’est en quelque sorte une installation collaborative que l’on voit à travers cette “Expression libre”. Et je dois dire que l’expérience est convaincante ; il est fini le temps où le visiteur/spectateur n’était là que pour regarder sagement ce qu’on lui montre. Il veut faire partie des événements, être impliqué véritablement dans la culture. À cela s’est ajoutée une soirée particulière avec un mélange des arts et des connaissances, entre performance et conférence. Malheureusement, je n’ai pas pu m’y rendre, mais j’espère que cette expérience, forte de son succès, se renouvellera 🙂

Le cubisme à l’honneur (parce qu’il le vaut bien)

Un bon moyen, donc, d’introduire l’ouverture de la salle cubiste du musée, ce pourquoi j’y suis allée il y a quelques jours. En plus de piquer la curiosité, c’est aussi là l’occasion de consacrer à nouveau un mouvement artistique clé, qui a profondément fait évoluer le travail de ses successeurs. On y retrouve des noms qui nous sont familiers comme Georges Braque, Jean Metzinger, André Lhote ou Fernand Léger, dont Les trois femmes sur fond rouge trônent fièrement à l’entrée de cette salle. Ce chef-d’oeuvre du cubisme entre en résonance avec une série d’objets d’art africain du XIXe siècle qui lui font face (“Quel rapport ?” Je vous invite à aller voir ;)). Dans une scénographie bien pensée, j’ai eu le plaisir de découvrir des oeuvres qui m’étaient encore inconnues. Je me suis, en tout cas, sentie assez vite imprégnée par les recherches artistiques qui avaient pu être faites à cette époque (la collection donne à voir un panel assez conséquent des différentes tendances du cubisme). Dans cette salle, qui devient parfois étroite au vu de l’engouement des visiteurs, on ressent rapidement la richesse prolifique d’un mouvement qui continue d’intéresser et de marquer l’art et les esprits aujourd’hui.

 

Toujours plus d’expos

J’ai également profité de mon passage au Musée des Beaux-Arts pour aller voir l’exposition “Territoires rêvés”. Pour recontextualiser un peu, le FRAC Normandie Caen va déménager dans les mois à venir au Quartier Lorge (en plein centre historique, donc, et dans un lieu qui semble sublime, au passage). Le temps des travaux, plusieurs structures normandes ont accueilli une sélection de la collection du FRAC. C’est l’occasion de faire correspondre entre elles différentes oeuvres d’art contemporain autour d’une même thématique ; de paysages fantasmagoriques en paysages abstraits à la limite du rêve et de l’inconscient, la salle dédiée à l’art des XXe et XXIe siècle s’est laissée envahir, mais sans en perdre son espace. L’espace, justement : beaucoup d’oeuvres très grand format jalonnent le parcours dans une sorte de grandeur relative à ces “territoires”. Et je dois dire que cela ajoute à l’expérience de la visite ; là où on peut craindre d’étouffer, on se rend vite compte que ce grand espace nous permet de nous immerger pleinement dans l’ensemble. En revanche, si l’occasion est bonne pour découvrir une collection contemporaine à laquelle on n’aurait peut-être pas eu accès si facilement, je suis tout de même restée sur ma faim. On retombe assez rapidement dans la simple contemplation, où l’on passerait presque machinalement d’oeuvres en oeuvres. Ce n’est pas pour autant que je nous vous recommande pas d’y faire un tour, bien au contraire : on n’a jamais assez d’art contemporain ;). Mais le parcours reste parfois encore trop secret à mon sens. Mais peut-être faut-il simplement mieux contempler chaque oeuvre pour le percer à jour ?

Quoiqu’il en soit, le Musée des Beaux-Arts a réussi son pari de modernisation ou plutôt d’innovation, et sait s’adresser aux visiteurs d’aujourd’hui, aussi multiples soient leurs attentes d’un lieu dédié à l’art.

Les infos :

  • Exposition “Territoires rêvés”,  jusqu’au 19 février (vite vite !)
  • Collection exceptionnelle, Salle cubiste, jusqu’au 15 septembre
  • Infos pratiques

One Reply to “Du cubisme et du rêve au Musée des Beaux-Arts”

  1. […] pensez certainement que je passe mes journées à arpenter les couloirs du MBA ces derniers temps (ce qui n’est pas complètement faux…). Mais s’il y a bien une expérience […]

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