Quand le smartphone fait l’art

Des photos prises avec un smartphone peuvent-elles faire une bonne expo ? C’est le défi que s’est lancé le collectif de photographes caennais Surface Sans Cible.

L’exposition phare de ce mois de février se nomme sans nul doute “Clic, Hipsta, Clac !”. Dans la grande exposition du collectif de l’année passée, les photographes nous avaient déjà donné un avant goût de cette exposition dédiée à la photographie “Iphonique”. Entre clin d’oeil à la marque Kodak et utilisation d’un outil majeur de notre quotidien qu’est le smartphone, cette exposition nous donne à voir un contenu aussi prolifique qu’il y a d’images dans nos vies. Le tout dans un lieu pouvant accueillir ce millier de clichés qu’est la salle du Scriptorium de l’Hôtel de Ville de Caen.

Une expo mise en abîme

Lorsqu’on entre dans cette salle, on se retrouve presque face à un labyrinthe de boîtes et d’images qui vient créer un parcours quasi-unique pour chaque visiteur. C’est une scénographie que j’ai beaucoup aimé. Un peu intrigante au premier abord, j’ai ensuite eu le sentiment de m’intégrer à l’esprit de cette expo. Comme si nous, visiteurs, nous étions nous aussi encadrés ou pris dans l’obturateur de l’appareil photo. Et puis, malgré le nombre conséquent de personnes présentes au moment de ma visite, personne ne se dérange dans l’exploration de chaque univers artistique. On se croise de boîte en boîte, mais le mouvement est perpétuel. C’est dans ce genre de scénographie que je perçois la visite comme expérience bien plus que comme une simple visite (et vous commencez à le savoir, l’évolution de la visite au rythme des visiteurs est pour moi primordiale).

Des univers pour un outil

L’exposition présente donc plusieurs artistes et plusieurs ensembles. Mais tous nous renvoient à nos expériences personnelles, quel que soit notre rapport à l’Art en tant que tel. Les photos sur smartphone sont d’ailleurs riches de stéréotypes et ont leurs propres codes. On retrouve donc des univers de référence détournés et très second degré, comme la maintenant traditionnelle photo de repas ou encore les photos de vacances dans des lieux idylliques. Mais au-delà de ce clin d’oeil à notre manière d’utiliser les photos sur les réseaux sociaux, on retrouve aussi des échos à l’Histoire de l’art. Je pense par exemple à ces séries de clichés qui jouent avec les nuances chromatiques, les couleurs et l’autoportrait (enfin, le selfie hein, restons logique) qui m’ont fait évidemment penser à Andy Warhol. Dans le même esprit, on retrouve par endroit des séries qui jouent avec les anciens panneaux publicitaires, à la limite entre le pop art et le street art. Enfin, beaucoup ont profité de la forme carrée bien spécifique de la photo sur smartphone pour jouer avec elle et détourner son support. Couplée à différentes techniques et jeux de filtres, on se retrouve avec des oeuvres singulières qui ont réussi à s’approprier sur un autre rang cet outil commun.

L’oeil du public

Si cette exposition était si attendue, c’est aussi par ce qui a été proposé en amont, à savoir faire participer le public. Tout le monde pouvait envoyer ses propres photos au collectif, pour ensuite se voir dédier une partie non négligeable de l’exposition. Une façon d’entrer en correspondance avec les photographes et qui sait, révéler des talents cachés… 😉

Les infos :

Exposition visible jusqu’au 28 février, à l’Hôtel de Ville de Caen.
Pour en savoir plus…

À très vite !

One Reply to “Quand le smartphone fait l’art”

  1. […] Sans Cible continue de nous proposer de nouvelles façons d’aborder la photographie. Après Clic Hipsta Clac, et son format carré, place aux grands formats ! Fini la photo dans son simple cadre posée sur ta […]

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