Les Boréales – Qu’Under nous emporte

Ce soir j’avais envie de poser mes impressions à chaud. En sortant à peine du premier spectacle de cette nouvelle saison des Boréales que je suis allée voir. Et même si toi, tu le liras un peu plus tard, j’ai envie de tenter l’expérience. Partons pour Under, de la compagnie suédoise, Cirküs Cirkor.

Under – Défier la gravité

Le premier spectacle présenté dans le cadre des Boréales, pour moi, c’était Under, de Cirküs Cirkor. Cette fameuse compagnie suédoise qui fait rêvé la Normandie depuis un bon nombre d’années, tous les mois de novembre. C’est devenu un passage obligé pour beaucoup, une sorte de rituel d’entrée dans le festival et dans l’hiver. Pour moi, c’était la troisième fois. Oh, j’aurais pu aussi choisir de varier les plaisirs, mais l’un n’empêche pas l’autre. Cette étape m’aurais sûrement manqué.

Under, c’est l’histoire de naufragés. Des humains rescapés, après s’être écrasés. Comment ? Pourquoi ? On ne le sait pas vraiment. Ce que l’on sait, c’est qu’ils sont 7, un chiffre providentiel, sûrement pas du au hasard. Ils sont perdus au milieu du monde. De ce monde qui fait chuter les gens, mais qui ne parvient pas à les immobiliser. L’année dernière, déjà, le mouvement était au coeur de la création. Under consacre ce mouvement, et montre les luttes acharnées qui nous concernent tous : le temps, l’indomptable.

Les acrobates sont des spécialistes de la lutte contre la gravité. Elle leur donne le pouvoir de rendre visible, à nous autres spectateurs, que la force qui nous tire vers le bas peut elle aussi être déjouée, à coups de légèreté. La gravité, c’est aussi le centre névralgique du spectacle, où la voltige se fait plus rare, et la lutte au sol est reine.

 

Et mieux retomber

Under, c’est aussi la fin d’une histoire longue de presque 10 ans. Elle commence avec Undermän en 2010, puis Underart en 2014. Under c’est la résolution d’un fantasme humain devenu presque vital dans le monde actuel : celui de réussir à se construire une nouvelle vie, même si le point de départ réside dans le froid d’un métal industriel.

Le décor est là. La scénographie reste dans son plus simple appareil, ou du moins, dans une forme la plus brute qui soit. Un reste de structure en métal, à double tranchant, entre lourdeur (du matériau, du symbole, du fondement de la construction) et fragilité (car morcelé, sans attache, et mobile). Comme un résidu, suite à un naufrage ou une démolition. Mais il y a aussi cette bulle d’air, un peu aqueuse aussi, mais surtout vibrante par sa couleur. Comme un nouveau souffle, une élévation.

La reconquête semble simple, même si le parcours est semé d’embuche. Mais au bout d’une heure, à peine plus, nous y voilà enfin. C’est rapide, mais nous voilà prêts à parcourir de nouvelles terres. La performance était là, fidèle au poste lorsqu’il s’agit des productions de Cirküs Cirkor. Mais la fin arrive un peu trop tôt… On en demanderai presque un quatrième volet.

Photographies : Mats Bäcker

Et après, on va voir quoi ?

Les Boréales continuent encore un peu !

  • Avec les expos : 
    • Islande et architecture ? > Le Pavillon (Caen), jusqu’au 28 janvier.
    • 66° Nord > Bibliothèque Alexis de Tocqueville (Caen), jusqu’au 30 décembre.
    • I-One > Artothèque de Caen, jusqu’au 23 décembre.
    • Erosions islandaises > La Halle (Saint-Aubin-sur-Mer), jusqu’au 30 décembre.
    • Kaarina Kaikkonen > Hall du Musée des Beaux-arts (Caen), jusqu’au 28 janvier.
  • Mais aussi les livres !

À très vite !

2 Replies to “Les Boréales – Qu’Under nous emporte”

  1. C’était une première pour moi et j’attendais ça avec impatience.

    Contrairement à toi, j’aurais été bien en peine de livrer mes impressions à chaud tant je suis ressortie de ce spectacle ébranlée.
    Une sublimissime claque artistique que je me suis prise avec plaisir !

    *

    1. (Réponse tardive, mais réponse quand même ^^)

      Oui, je suis d’accord, une belle claque artistique ! Si tu as l’occasion de voir d’autres spectacles de cette compagnie, FONCE 😀
      Passe de bonnes fêtes 🙂

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